touba

18/08/2007 19:41 par mbawor2

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    18/08/2007 19:41 par mbawor2


 
Les Khalifes de Touba
Au centre-ouest du Sénégal, se trouve le lieu de rencontres de tous les mourides : TOUBA. Située à 193 km de la capitale Dakar, Touba abrite une population avoisinant les 500 000 habitants. Cette communauté rurale du département de Mbacké qui se trouve dans la région de Diourbel a connu une évolution impressionnante depuis sa création jusqu'à nos jours. Son essor et sa croissance ont attiré l'attention de toutes les communautés tant au niveau national qu'international, tout en gar dant son aspect spirituel.
L'importance capitale de Touba pour Cheikh Ahmadou Bamba qui en a d'ailleurs fait l'objet de plusieurs de ses écrits, les réalisations des Khalifes et de l'ensemble des talibés ont placé celle-ci comme la deuxième ville du Sénégal après Dakar

TOUBA : LA REVELATION


La ferme intention d'adorer Dieu Le Tout Puissant et de vivifier la Sunna du prophète Mahomet (P.S.L.) ont incité le Cheikh à se mettre à la recherche d'un lieu saint. Conformément à la tradition islamique, dont l'histoire nous prouve que bon nombre de saints s'étaient assignés un endroit dans l'unique dessein de servir et d'adorer leur Créateur, Cheikh Ahmadou Bamba s'est mis à sillonner la savane du Baol, du Djoloff et du Cayor (Sénégal). C'est dans cette perspective que le Cheikh par inspiration divine partit à la recherche de ce dit-lieu et reçut à Darou Salam (sa première demeure qu'il a fondée) la révélation de l'endroit qui lui servirait exclusivement de lieu de culte par l'intermédiaire du prophète Mahomet (P.S.L.). Ce lieu, que beaucoup de saints auraient aimé avoir le privilège de découvrir en premier, ne fût que l'exhaussement du voeu qu'il avait formulé auprès d'Allah en ces termes : "Seigneur guide moi vers Touba, préserve moi, donne moi la confiance et l'assurance".

Touba, symbolisant l'arbre paradisiaque sur terre, deviendra plus tard l'un des plus grands lieux de culte de l'Islam, accueillant chaque année des millions de fidèles, non seulement de la confrérie mouride, mais de tout musulman désirant s'octroyer les bienfaits de l'Eternel.

A cet effet, de nombreux travaux ont été restaurés pour l'évolution de la sainte ville.
Quelques ecrit de Khadimou Rassoul
De son vrai nom Mouhammad Ben Mouhammad Ben Habiballâh, CHEIKH
AHMADOU BAMBA MBACKE nous parvint par la grâce de Dieu au mois de
Muharram en l'an 1272.h, soit l'an 1855, à Mbacké, une localité dans le Baol du
Sénégal des royaumes.

Fondé par son grand-père, le village porte le nom de la famille des Mbacké dont la piété trés connue leur valut une influence religieuse particulière, un respect et une vénération pour la FACE de DIEU. Hommes de haute culture et d'une orthodoxie stricte dans l'assimilation des valeurs culturelles Islamiques, ils firent du village de Mbacké un centre académique et une capitale spirituelle. Le père du Cheikh, Mouhammad Mbacké, appelé Mame Mor Anta Saly, était un éminent jurisconsulte, un dévot qui enseignait le CORAN et les Sciences Religieuses ; sa mère, Mariama Bousso, grâce à sa piéte, sa vertu et son scrupule, eut le priviliège de répondre au nom de "Jâratul-lâh"(voisine de DIEU) au milieu des siens. Ses parents ont très tôt découvert en lui une perfection innée qui s'est traduite par des attitudes et des habitudes de piété, de bonne conduite morale, de dévotion, de solitude, de méditation et un comportement exécrant l'amusement, l'indécence et le péché. Partout ou il passa durant son cursus, après avoir parfaitement assimilé le CORAN, que ce soit pour l'acquisition des Sciences Religieuses ou Instrumentales comme la Grammaire, la Prosodie, etc, on lui reconnut unanimement une perfection spirituelle qui ne pouvait que résulter d'une lumière provenant de DIEU.
Jusqu'an l'an 1300.h (1882), il assurait l'enseignement auprés de son père et sa carrure intellectuelle lui avait permis , dans le cadre des fonctions que celui-ci lui confiait, d'écrire dans certains domaines des Sciences Religieuses et Instrumentales pour les rendre plus accessibles.

Il composa à cet effet le "Jawharu-n-nafis"(le joyau précieux) qui est une versification du traité de jurisprudence de Al Khadari , le "Mawâhibul Quddûs"(les dons du TRES-SAINT) qui est une reprise versifié de l'ouvrage de théologie de de l'Imam As-Sanûsi"Ummul Barâhin"(La soucre des preuves), le "Jadhbatu-ç-çighâr"(l'attirance des adolescents)qui est un ouvrage traitant particulièrement des articles de la foi, le "Mulayyinu-ç-cuddûr"(l'Adoucissement des coeurs) qui reprend en versification le "Bidâyal Hidâya"(Le commencement de la Bonne Direction) de l'Imam Al Ghazâli ; Le Cheikh reprendra par la suite ce poême sous le titre de "Munawwiru-ç-çuddur"(L'Illumination des coeurs). C'est un ouvrage qui traite du perfectionnement Spirituel.

Plus tard, il composera bien d'autres ouvrages dans les domaines de la Jurisprudence, de la Théologie , du Soufisme, de la Bonne Education et dans d'autres branches comme la Grammaire.

L'an 1301.h(1883), qui est le point de fracture le plus important de son hagiographie, apportera (nous le verrons plus loin) de grandes mutations dans son domaine spirituel et du même coup, dans sa personnalité intellectuelle; en gros, des changements qui ont reconverti entièrement sa plume au service du prophète, dans les thèmes tels que :


- La glorification de la venue au monde du Prophète,
- L' exaltation de l'Unicité de DIEU, dans le service du Meilleur des Envoyés,
- Le combat spirituel du Prophète,
- La plus grande victoire de la foi sur l'infidélité sous on Egide (Bedr),
- La victoire de la soumission, en l'occurrence l'Islam, sur l'Idolâtrie, en un mot, la réhabilitation de l'Islam.


Le rappel à DIEU de son père, survenu une nuit du mardi du mois Muharram de l'an 1300h.(1882) à Mbacké du Cayor, non seulement venait lui ôter la tutelle de celui-ci à qui il obéissait religieusement, mais allait relever sa vraie physionomie mystique et spirituelle.

Le stade de dévotion à DIEU qu'il atteignit, malgré les hostilités que lui manifestaient les gens de son époque, démontre sans équivoque son appartenance au cercle " des hommes de DIEU "

Il n'était l'esclave, ni des futilités du Bas-Monde, ni de l'Autorité Coloniale dominatrice, ni de celle des chefs païens de la vieille aristrocatie locale.

Cette attitude d'un homme esseulé, dénonçant l'arbitraire et la corruption d'où qu'ils viennent, lui suggèrent et ne reconnaissant que la Seule Autorité du MAITRE des Mondes, allait marquer sa vie.

C'est ainsi qu'en réponse aux dignitaires qui, à la suite de l'oraison funèbre de son père, lui suggèrent d'accepter d'occuper la fonction de conseiller du roi, il déclina cette offre du bénéfice de l'obligeance des sultans et écrivit :

"Penche vers les portes des sultans-m'ont-ils dit - afin d'obtenir des dons qui te suffiraient pour toujours"

"DIEU me suffit-ai-je répondu-et je me contente de LUI, et rein ne me satisfait si ce n'est la Religion et la Science."

"Je ne crains que mon ROI et ne porte mes espoirs qu'en LUI-comment disposerais-je d'ailleurs ma destinée entre les mains de ceux qui sont incapables de régler leur sort?"

C'était là un double défi lancé à la fois aux sultans à qui le Cheickh rappelait leur servitude vis-à-vis de leur SEIGNEUR ALLAH et à l'élite de l'orthodoxie musulmane dont il dénonçait la complaisance.

Quand aux grands maîtres de la gnose de son époque animés du dessein de l'éprouver, ils ne tardèrent pas à découvrir leurs lacunes, san toutefois arriver à sonder les profondeurs de sa spirutualité.

Ses confrontations avec l'administration coloniale représentaient cependant lm'un des aspects les plus importants de son hagiographie.

Au début du 19 ème siècle, les exigences de l'industrialisation (recherche de matière première et de marchés) et la volonté impérialiste de l'Europe , ayant aboutit à la colonisation , ont dicté à la France une politique de conquête territoriale à partir des anciens comptoir commerciaux.

Cette politique expansionnisterencontra au Sénégal de farouches résistances , tant du côté des chefs musulmans que de celui des "thiédos"(guerriers de l'aristocratie).

Mais en 1891, la conquête territoriale fut achevée dans un constat d'échec de toute la resistanec armée au Sénégal. C'est alors que la France entreprit d'assimiler la colonie du Sénégal aux valeurs culturelles occidentales et, pour y réussir , elle proposa sa religion, et la suppression pure et simple ou, à défaut ,la corruption du culte exclusif rendu à DIEU.

Elle mena alors un combat sans précédent allant de l'éloignement (internement) au bannissement et à la déportation des guides spirituels , pour démobiliser les fidèles.

Son aspiration profonde à DIEU et son amour ardent envers l'Elu de DIEU furent tels que DIEU lui révela DIEU, selon son expression, et devant la Splendeur de Sa GRANDEUR, il entreprit d'être fidèle au Pacte Primordial de Soumission ( à DIEU) , alors DIEU lui indiqua le Prophète qui est le Guide de la Voie de la Soumission.

Lorsqu'en1301.h(1883)l'Elu lui parvint, il conclut avec lui le Pacte d'Allégeance, pour LA FACE de DIEU et ce Dernier lui ordonna d'engager ses disciples dans cette Voie . Le Mouridisme était né. Ce fut à Mbacké Cayor.

Ainsi le culte exclusif qu'il proffessait devenait public, car il commença à l'inculquer à ses disciples, c'est pourquoi il devint l'ennemi numéro un du povoir colonial.

Non seulement les foules affluaient vers lui, mais il fonda la ville de TOUBA pour mieux servir avec elles la Cause de DIEU.

Dans son ardeur spirituelle, il voultu accéder au rang des compagnons , serviteurs du Prophète, qui ont combattu à Bedr.

Ce degré suprême (CORAN S.9 V.20) dont parle le CORAN à l'endroit des compagnons , est obtenu par le sacrifice du sang versé en vue d'élever la Voix de DIEU.

Et l'abrogation de la perscription du sang versé , à cause du Pacte d'Allégeance, devait mener le Cheikhdans la Voie du Combat Spirituel qui celle du sacrifice de l'âme et des biens pour la cause de DIEU, dans le respect du sang des autres.

En 1312.h(1895), dans sa retraite spirituelle(Ittikaf), le Prophète lui signifia que le sang versé était abrogé et que le prix qui fait accéder à ce rang est une somme d'épreuves trop lourdes à la charge exclusive du postulant.Le Pacte fut conclu et le décret DIVIN le mit en confrontation avec ses ennemis contemporains pendant plus de trentes deux ans durant lesquels il brava les exils , les brimades, les persécutions et les bannissements, pour se raffermir dans la profession de l'Unicité de DIEU, ne reconnaissant qu'un Seul Maître, DIEU et DIEU exclusivement. Il en soriti auréolé de succès.

Et de ce combat, il impétra le rang de SERVITEUR PRIVILEGIE du PROPHETE.

Autant le pouvoir infidèle voulut, à travers l'exil au Gabon, en Mauritanie, les persécutions, les résidences surveillées à Thiéyène et à Djourbel, corrompre la foi musulmane, autant le Cheickh, dans son mystère inviolable et son indépendance dans le culte rendu à DIEU, à réhabilité l'Islam dans sa forme la plus authentique.

Partout dans le pays , le Cheickh a revigoré la foi musulmane, redonné aux populations, sans la contrepartie de leur sang, et leur dignité et leur personnalité. Il a de surcroît introduit le plus naturellement dans les moeurs la soumission exclusive à DIEU et non une quelconque auter autorité. Ainsi, la Communauté Musulmane retrouvait son âme.

Durant les trente deux années d'épreuves son itinéraireeut un impact sur ses oeuvres, l'inspiration étant l'expression de l'état de l'âme.

A partir donc de l'année 1313.h(1895), l'étape du combat contre l'infidélité fut marquée par une production inestimable de panégyriquesenvers l'Elu le Plus Pur (Al Mustafâ°, le Choisi le Meilleur(Al Mukhtar) , des écrits d'action de grâce envers DIEU et son Prophète, de Sagesses, d'Hagiographie, d'Oraisons Initiatiques, Incantatoires et Mystiques.

En 1346.h(1927), DIEU exauça ses voeux en le favorisant d'un séjour terrestre équivalent au nombre de versets de la sourate" Les Groupes"(Sûratu-z-Zumar)dont l'issue (le soixante douxième verset)est la récompense d'une vie entièrement dévouée à DIEU :

"Ceux qui auront craint leur SEIGNEUR seront conduits par groupes vers le Paradis. Lorsqu'ils seront en vue des Portes, celles ci s'ouvriront toutes grandes, les préposés leur diront : "Que la Paix vous suivent! vous avez été si vertueux, si purs. Entrez en cette Demeure pour un séjour éternel." Les voix des bienheureux s'élèveront en choeur : "LOUANGE A DIEU"
SUR LE CHEMIN DE L'EXIL
Après la prière du matin récitant le CORAN et louant le Meilleur des hommes, son Intercesseur et Maître : le Prophète MOUHAMMAD (PSL), Khadimou Rassoul reprit la direction de Ndar.

La seconde journée passée à COKI est sanctionnée par cette note tirée entre autres de son carnet de voyage : "J'ai senti ce jour le besoin de versifier les noms de ceux de BADR (sur eux l'agrément de celui qui grâce à eux m'a préservé de toute traîtrise) et de prier sur notre Seigneur et Maître MOUHAMMAD".Dans le poème tiré "ASSIROU MAAL ABRAARI"ou ma compagnie avec ceux de BADR (les compagnons du Prophète), il devait révéler être accompagné en permanence par cette suite illustre et puissante dont il avait convoité auprès du Prophète leur intégration. D'où la portée des vers esquissés à la troisième escale vers St Louis : "Je quittais cette localité (Coki) bénie, dans la nuit, accompagné d'une foule de créatures et ce fut comme si je marchais seul sans associé : Nous arrivâmes peu avant l'aube dans le cercle de Louga....".Après la prière de Tisbar effectuée à la gare de ce bourg d'alors, Serigne TOUBA prit le train pour la capitale coloniale et cessait de composer des louanges adressées à DIEU et à son Envoyé (PSL). "Je descendis du train peu avant la prière du Maghreb, et fut interné dans une résidence par l'oppresseur. J'ai passé dans cette résidence le reste du mois de Safar et le mois de Rabiul Awwal sur l'ordre de celui sur qui on s'appuie et auprès de qui on trouve assistance. Les deux derniers jours de ce mois Jeudi et Vendredi et durant tous ces deux mois le POURVOYEUR m'a octroyé des dons choisis et réunis en mon intention".Et Serigne TOUBA de marquer ce sombre tournant en ces termes : "J'ai subi dans cette île au cours de cette période des sévices que je n'évoquerai jamais par courtoisie à l'endroit du plus DIGNE de RECONNAISSANCE (DIEU)...Lui qui m'a dispensé de recourir aux armes contre l'assassin"
Le 5 septembre, Cheikh Ahmadou BAMBA comparaît au palais du gouverneur général qui avait réuni le conseil privé afin de statuer sur son sort. A l'époque, évidemment la hargne anti-islamique du colonisateur avait atténué l'engouement religieux et relégué en pratique clandestine tout acte de dévotion dont les cinq prières obligatoires. Serigne TOUBA qui fulminait quant à lui dans une piété ininterrompue fît un scandale légendaire en s'adonnant dès son arrivée dans la grande salle à l'accomplissement de deux rakkas. Un comportement qui heurta au plus haut point les membres du conseil privé voyant en cette démarche une déclaration d'hostilité. Ainsi, ce sera par procès verbal n°1 délibération n°16, qu'il fut décidé de sa déportation au Gabon.

La condamnation exécutée sans délai et Khadimou Rassoul fut transféré par le train pour Dakar qu'il quitta le 21 septembre de la même année vers le Gabon par voie maritime. Toujours selon son propre carnet d'exil : "Et c'est après que je fus transféré de cette île vers une autre (Mayumba) où n'existait personne qui éprouvait le besoin pour l'au-delà. Après avoir accédé à cette île, j'y ai souffert et mené le combat contre mon âme charnelle et les illusions terrestres".Et Serigne TOUBA de poursuivre "Je me suis entretenu avec Dieu (qu'il est Exalté et Sublime) durant ces années à travers des écrits qu'il n'est pas permis et ne sera jamais de divulguer car ils constituent des secrets profonds de DIEU qui ne cessent d'être confirmés".DIEU SEUL A INSPIRÉ LE DESSEIN DE MON INTERNEMENT DANS LE C¼UR DE CEUX QUI FURENT LES INSTIGATEURS DE L'EXIL LOINTAIN A DES HORIZONS OU J'AI OBTENU DES PRIVILEGES AU-DESSUS DE LA SONDE DE TOUTE INVESTIGATION.

Serigne TOUBA.

21 septembre 1895 : L'ALLIER

21 septembre 1895 : L'ALLIER
"J'ai quitté Saint-Louis le matin du jeudi par la grâce d'Allah, après avoir vu le gouverneur, et je suis monté dans le train jusqu'à Dakar. Je n'oublierai jamais la nuit du vendredi qui suivit, à Dakar, jusqu'à ce que je sois au paradis promis à ceux qui croient. Je me rappelle que le gouverneur m'a fait appeler de la maison où je m'apprêtais à passer la nuit et il m'a fait transférer dans une autre maison où personne n'aurait voulu se reposer.

J'étais seul dans une pièce, et il faisait très sombre. Mais Allah, le Très Haut m'a sauvé de toutes ces ténèbres par s grandeur, et j'ai commencé à prier pour le Prophète (PSL). Après que je sois sorti de cette pièce, on m'a embarqué sur un petit bateau qui m'a conduit vers un grand navire. Allah (qu'il soit loué et exalté) m'a offert ce jour-là son appui et m'a donné une constante extraordinaire jusqu'à ce que je sois arrivé sur ce navire et j'ai su que la parole d'Allah est la plus sublime".

"Lorsque je suis monté dans ce navire qui m'amenait hors de mon pays pour m'emporter au Congo, je marchais avec les Élus, là où j'allais, alors que l'ennemi me croyait son prisonnier."

"Celui qui dit que j'étais en exil par les colonialistes (Nassaranes) détenteurs de sabres et de lances, ma réponse est qu'Allah m'a suffit en cette circonstance car c'est lui qui m'a protégé contre leurs armés.

Ils m'ont exilé en disant que j'étais un adorateur d'Allah faisant la guerre sainte.

Ils croyaient que nous avions des canons et tous parmi eux nourrissaient de la haine envers moi.

Alors qu'en vérité j'étais l'adorateur d'Allah et le serviteur du Prophète auquel on doit louange.

Et leur propos disant que je faisais la guerre sainte était vrai.

Certes c'est pour la gloire d'Allah que j'ai mené ce combat. J'ai fais cette guerre sainte avec pour seules armes le savoir et la piété.

Je suis l'adorateur d'Allah.

Et son serviteur, et Allah m'en a rendu témoignages".

Un aperçu de la vie de Serigne Touba : 1853 - 1927

Un aperçu de la vie de Serigne Touba : 1853 - 1927
1853 : Naissance de Cheikh Ahmadou BAMBA à Mbacké Baol.

1884 : Cheikh Ahmadou BAMBA fonde son premier village non loin de Mbacké Darou Salam où naîtront Serigne Mouhammadou Moustapha MBACKE et Serigne Fallou MBACKE ses premiers héritiers.
1886 : Cheikh Ahmadou BAMBA fonde le village de Darou Marnane non loin de Darou Salam.
1888 : Rapport de l'administrateur LECLERC au directeur des affaires politiques sur les "Prétendus agissements de Cheikh Ahmadou" alors que le fondateur du Mouridisme dont la renommée grandissante venait aussi de fonder une capitale : TOUBA avec l'établissement de Darou Khoudoss.
1889 : Inquiétudes des autorités françaises devant l'influence croissante de Cheikh Ahmadou BAMBA.
Mars 1895 : Cheikh Ahmadou BAMBA a presque 40 ans lorsqu'il quitte Touba pour fonder Mbacké Bary dénommé Touba Djoloff. Il venait de signer le pacte conduisant aux épreuves qui allaient suivre.
10 août 1895 : Cheikh Ahmadou BAMBA qui venait de quitter Mbacké Bary rencontre à Djéwol le détachement de 120 soldats venus l'arrêter.
5 septembre 1895 : Cheikh Ahmadou BAMBA interné à Saint Louis est convoqué au palais du gouverneur. La réunion du conseil privé décide de l'exiler par PV N°1 délibération N° 16.
21 septembre 1895 : Cheikh Ahmadou BAMBA quitte le Sénégal pour le Gabon par Dakar.

Avril 1902 : François Carpot est élu député du Sénégal.11 novembre 1902 : Retour de Cheikkh Ahmadou BAMBA au Sénégal.
Février 1903 : La renommée du Chef religieux revenu d'exil prend de nouvelles proportions. Inquiétudes des autorités coloniales.
Mai 1903 : Refus en ces termes de Cheikh Ahmadou BAMBA de répondre à une convocation du gouvernement à Saint Louis. "Je suis le captif de DIEU et ne reconnais d'autre autorité que lui...."
Juin 1903 : Opération de 150 soldats sur Mbacké14 juin 1903 : Cheikh Ahmadou BAMBA est envoyé en résidence obligatoire à Saout El Mah en Mauritanie auprès de Cheikh Sidya BABA.
Avril 1907 : Retour au Sénégal avec cette fois résidence obligatoire à Thièyenne (cercle de Louga) où malgré l'enclavement comme en Mauritanie, continuent d'affluer les multiples talibés et de nombreux savants.
dieuredieuf seringe touba diarama mame cheikh ibrahima fall

diourbel

14/08/2007 20:41 par mbawor2

  • diourbel

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    14/08/2007 20:41 par mbawor2

     
 

keur gu mak a diourbel

21/07/2007 07:45

keur gu mak a diourbel


L'Etape de Diourbel (1912)

jewol

14/08/2007 20:36 par mbawor2

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    14/08/2007 20:36 par mbawor2

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thieye serigne touba

14/08/2007 20:34 par mbawor2

  • thieye serigne touba

    thieye serigne touba

    14/08/2007 20:34 par mbawor2

Une fois prise, à l'issue de la séance historique du Conseil Privé de Saint-Louis, la décision de l'interner au Gabon, Cheikh Ahmadou BAMBA fut transféré à Dakar où il parvint au soir du jeudi 19 septembre 1895.

Installé chez un indigène du nom de Ibra Binta GUEYE, le Cheikh, alors à jeun, se vit aussitôt convoqué par le Gouverneur de Dakar dont le courroux, se déversant sur lui, l'obligea à passer la nuit dans une cellule infecte dont l'inhospitalité marqua si fortement le Cheikh qu'il écrivit plus tard:
"Lorsque je songe à ce qui fut décidé, à ce Gouverneur et à ce cachot, me prend aussitôt l'envie de combattre par les armes; mais Celui qui éfface les péchés [le Prophète] m'en dissuade... "

Cheikh Ahmadou BAMBA embarqua finalement le samedi 21 septembre 1895 à bord du paquebot "Ville de Pernambouc" sur lequel il aura à affronter d'autres épreuves dont: l'hostilité affichée de l'équipage, la ruée d'un taureau déchaîné vers sa sainte personne et dont il fut miraculeusement préservé etc.

Une fois aux îles, le Cheikh, selon ses propres dires mêmes, fut sujet à toutes sortes d'exactions et de brimades, et cela tout au long de ses séjours successifs dans la jungle de Mayumba, à Lambaréné et ailleurs.

La moiteur, le grand nombre de maladies tropicales mais surtout la solitude caractérisant ces lieux firent aussi de ces années les plus éprouvantes de l'existence du Cheikh, isolement perceptible dans nombre de ses écrits où il exprime avec humilité tout son attachement, sa confiance et sa reconnaissance au TRES-MAJESTUEUX de même que sa résolution inébranlable à rester "l'esclave de DIEU et le Serviteur du Prophète (PSL) à demeure".

N'ayant pour témoins que les éléments, il eut cette poignante profession: "O Océan de Mayumba! témoigne que je suis l'esclave de [DIEU], Celui qui pardonne les péchés, et que je demeure le Serviteur du [Prophète] Elu! Témoigne, qu'en tant qu'ami intime du [Prophète], celui qui comble d'honneurs ses amis, je rejette toute forme d'association à DIEU et n'adore que Lui seul!"

Ces épreuves et d'autres privations que s'infligeait volontairement le Cheikh pour la FACE de DIEU eurent quelques fois pour spectateurs les habitants primitifs de ces contrées ou des indigènes originaires du Sénégal dont certains eurent à lui manifester leur estime ou même à lui faire allégeance. Le Cheikh aura aussi à faire la rencontre, durant l'Exil, de nombre de personnalités marquantes de cette époque, telles le futur premier député d'Afrique Noire Blaise DIAGNE, alors fonctionnaire des Douanes, son disciple et frère Mame Cheikh Anta MBACKE qui avait entreprit le périlleux voyage au Gabon.

                                             
Le Cheikh eut de même à entretenir une correspondance avec l'illustre résistant guinéen, l'Almamy Samory TOURE, déporté depuis 1899 à Njolé, au Gabon, où il trouvera d'ailleurs la mort le 2 juin 1900. Il est rapporté que le Cheikh effectua, lorsqu'il apprit la nouvelle, la prière des morts à son intention depuis Lambaréné, conformément à la Sunna Prophétique . L'ex-Bourba Jolof Samba Laobé Penda, exilé cinq mois après le Cheikh en raison, pour partie, des relations le liant à celui-ci, eut aussi à le retrouver au Gabon.

Cette période fut également marquée par l'abondance des Dons Mystiques Incommensurables procédant de DIEU, Faveurs
Insignes se traduisant par une Elévation à des degrés spirituels inouïs et inédits que démontre la profusion littéraire des années dites " maritimes"; richesse le rangeant de facto parmi les auteurs les plus prolifiques, sinon le plus prolifique, du monde musulman. Ainsi aura t-il à répondre beaucoup plus tard à son fils Cheikh Muhammad-al-Bachir MBACKE qui le questionna un jour sur cette époque:
"[Au cours de cet exil] ma connaissance gnostique s'est accrue, mon arrivée à DIEU (wusûl) s'est confirmée, ma certitude a atteint de nouveaux degrés et j'ai obtenu des Grâces Infinies"...


Au cours de cette période la jeune communauté mouride eut à affronter l'une des premières épreuves les plus pénibles de son histoire car, la déportation de son guide ayant entamé l'engagement de certains, il y eurent des désaffections contrastant singulièrement avec le regain d'assurance et de triomphalisme de leurs adversaires qui, excès d'acharnement et de cruauté, n'hésitaient pas à distiller des rumeurs sur la disparition de Cheikh Ahmadou BAMBA.

Mais regroupés autour de leurs principaux cheikhs désignés par Khadimou Rassoul à son départ: Mame Thierno Birahim assumant la direction des enseignements, Cheikh Ahmadou NDOUMBE préposé à la supervision des travaux champêtres, Cheikh Ibrahima FALL et d'autres figures emblématiques de la Muridiyah, les adeptes réussirent à préserver intacte leur foi en l'Inéluctabilité du Secours Divin et au triomphe de la Vérité sur l'erreur.

Par ailleurs les efforts que ne cessa de consentir le Cheikh Ibrahima FALL, resté à Saint-Louis, réussirent à convaincre le futur député CARPOT entre autres de la parfaite innocence de Cheikh Ahmadou BAMBA au point qu'il s'engagea à réhabiliter celui-ci à son élection. La chose faite, le Serviteur du Prophète put, par la Grâce de DIEU et Sa Volonté Bienveillante, rentrer au Sénégal le mardi 11 novembre 1902 à bord du navire "Ville de Maceïo", après un peu moins de huit années exil

L'on peut aisément imaginer l'extraordinaire effervescence qui accueillit au port de Dakar, puis dans le reste du pays le retour de "celui qui est revenu des contrées d'où l'on ne revient pas", grâce à la Seule Puissance de DIEU, qui n'a point, encore une fois, manqué à Sa Promesse de "secourir les Croyants"...


la mosque de diourbel

14/08/2007 20:27 par mbawor2

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    la mosque de diourbel

    14/08/2007 20:27 par mbawor2


EXTRAIT D'UNE LETTRE DE CHEIKH AHMADAOU BAMBA

24/09/2006 19:00

EXTRAIT D'UNE LETTRE DE CHEIKH AHMADAOU BAMBA


EXTRAIT D'UNE LETTRE DE CHEIKH AHMADAOU BAMBA TRADUITE À SAINT-LOUIS LE 23 AVRIL 1903



Au nom de Dieu Clément,Miséricordieux.
De la part du sérviteur de Dieu,Ahmed Ben Mouhamed Ben Habib Allah(Ahmadou Bamba)
À Monsieur le Gouverfneur Général
Salutations les plus honorées et les plus réspectueuses.
Je t'avais déja écris une lettre au moment où je partais de Louga.
Aujourd'hui j'apprends que des gens mal intentionnés te disent mal de moi.Je te pris de ne pas les écouter.Tu peux etre pérsuadé que je ne cherche rien dans ce monde ,ma seule intention est d'adorer le Trés-Haut.
Cela est tellement excat que ceux chez lesquels j'etais en exil peuvent te le cértifier .
N'écoute donc pas ceux qui sont jaloux de moi et qui cherchent à mettre le désacord entre nous .

Salut




Au nom de Dieu Clément,Miséricordieux.
De la part du sérviteur de Dieu,Ahmed Ben Mouhamed Ben Habib Allah(Ahmadou Bamba)

A tous ces talibés salut le plus complet.
Le but de la présente est de vous prier de laisser tranquille complétement les paroles que vous publier dans le pays et qui blaissent les gens qui les entendent.

Dorénavant,celui parmi vous qui me mettra mal avec le gouverneur et les chefs par ses paroles sera abandonné dans ce monde et dans l'autre.

Voici les instructions que vous devez suivre:


    -Celui qui veut aprendre à lire et à écrire en arabe devra s'adresser à mon frére Ibrahima dit Ibra Faty;
    -Celui qui veut travailler sans rien apprendre devra s'adresser à mon frére Sidi El Moctar dit Cheikh Anta;
    -Celui qui veut réunir les deux à la fois (apprendre et travailler)devra également s'adresser à Ibra Faty;
    -Celui qui ne veut faire ,ni l'un ni l'autre,devra être chassé et il ira où il voudra.

      Quand aux grands talibés tel que Ibra Fall,Ibra Sarr et Ahmadou Bamba(cet Ahmadou Bamba est un talibé),ils devront expulser de chez eux tous les mauvais talibés et ne garder que les bons qui ne leur aménent pas d'histoires.
      Je veux que ces instructions soient strictement observées à l'avenir .

 


khelcom

14/08/2007 20:22 par mbawor2

  • khelcom

    khelcom

    14/08/2007 20:22 par mbawor2

khelcom

06/09/2006 16:15



Khelcom, un domaine agricole de 45 000 ha et en même temps un centre culturel d'enseignement aux valeurs religieuses musulmanes est le symbole même de la réussite du système éducatif de l'Islam réhabilité par Cheikh Ahmadou Bamba avec comme base la trilogie de : l'Enseignement, l'Education et de l'initiation au travail sanctifiant. Déjà à la sortie de la ville de Touba, la pluie s'annonçait, le ciel donnait le ton, le paysage agréable, un climat paisible qu'on ne pouvait pas ne pas contempler, on était sur la route Touba KHELCOM. Arrivés à la Daara de Ndiouloul (un autre centre du Khalife) sur la route, une escale est observée pour une visite en prélude à celle prévue à Khelcom. Il pleuvait déjà. Le cortège reprit la route et cette fois ci directement vers Khelcom où on entra par la porte de la Daara (Centre) nommée " Dâru Quddûs ". Un halte suffira amplement pour avoir un aperçu sur la configuration architecturale et structurelle des 15 centres d'éducation de Khelcom étant donné qu'ils (ces centres ou " Daara ") sont tous identiques avec la même rigueur de gestion et un model d'organisation standard. Du Centre de Dâru Quddûs, nous sommes allés à celui nommé Touba Khelcom qui peut être considéré comme un pôle du fait de la concentration de beaucoup d'infrastructures telles que l'atelier technique, les installations en froid et bien entendu le centre de santé construit par le Khalife sur fonds propres. C'est d'ailleurs au niveau de ce centre de santé que beaucoup furent étonnés de voir un aussi important investissement pour la couverture sanitaire assurée aux élèves et résidents. " La spécificité de ce centre est qu'ici tout est gratuit et à la charge du khalife " précisa Serigne Abdou Rahmane SECK l'infirmier sur place. Gratuit non seulement pour les élèves mais gratuit aussi pour tous les habitants de la zone et ceux de ses environs. Serigne SECK répondra aux différentes questions de Monsieur l'Adjoint au Maire, Monsieur BARENTIN qui ne manquera pas de constater sur place la volonté nette de bonne gestion. Une visite guidée du centre de santé bouclera la visite permettant ainsi à la délégation de retourner sur Touba vers de 19h 30 et directement à Hizbut-Tarqiyyah après une journée très chargée.

cheikh abdoul ahade mbacke

14/08/2007 20:06 par mbawor2

  • cheikh abdoul ahade mbacke

    cheikh abdoul ahade mbacke

    14/08/2007 20:06 par mbawor2


Appel Lance par Cheick ABDOUL AHAD MBACKE
Khalif General des Mourides a L'approche du Grand-Magal de TOUBA celebrant le depart d'exil du Fondateur du Mouridisme debut du Mois de SAFAR L'an 1399.h/1979 .
TOUBA

Que la Paix la Misericorde et la Benediction D'ALLAH soient sur Vous.
A vous tous mes chers confreres, a vous tous mes chers condisciples, je vous salue, vous rends grace et vous remercie en meme temps ; venant enfin aujourd'hui precisement au sujet du GRAND-MAGAL duquel nous approchons -il porte effectivement cette appellation d'ailleurs et recele l'infinitude de Bienfaits que son initiateur a annoncee dans l'intention de vous eclairer veritablement le point a partir duquel il fonde son origine et vous donner une explication de tout Rituel qui en est etabli.
ALLA a fait que cette Sainte Ville de TOUBA, lorsque Serigne TOUBA lui-meme la fonda, c'est strictement un Septennat que ALLAH lui permit d'y sejourner ; a la septieme annee correspondant a l'an 1313.h (1895), courant du mois sacre de Ramadan, il proceda a la retraite spirituelle de l'IcTIKAF dans l'actuelle mosquee que serigne MBACKE MADINA vient de reconstruire .

Dans cette mosquee ou il passa les pieux
exercices de l'IcTIKAF, le Prophete sur Lui la Paix et le Salut du Tres-Haut - lui apparut en compagnie de la Legion de Ses Vertueux Partisans , qui constituent sa Sainte Garde avec laquelle il est a jamais inseparable .

A peine a-t-il vu ces derniers, que toute sa resolution se ramena au desir ardent de s'aligner au rang de ceux-la, les compagnons du Prophete .

Le Prophete lui signifia :
Cela est chose ardue , dans la mesure ou ces gens la que tu vois en ma compagnie , c'est leur sang qu'ils avaient alors verse , or , l'ultime sacrifice du sang verse est une prescription abrogee ; des lors que l'effusion du sang ne s'ordonne plus , le gage qui pourrait permettre de realiser ce voeu sera une epreuve des plus penibles , absolument mise a la charge du requerant qui l'assumera pleinement tout seul sans recourir a personne et il sera tenu d'en patir dignement jusqu'au bout pour pouvoir l'impetrer [ la palme du Martyre ]...

...Par consequent , je voudrais , puisque tu es , quant a toi, a trois mois de la Station de Pole de L'Epoque car personne n'en est investi sans atteindre les quarante ans , or tu es a trois mois d'intervalle de tes quarante ans , je peux te faire bruler ces trois mois aujourd'hui meme et t'elever au rang de Pole de L'Epoque

Cheick AHMADOU BAMBA lui fit savoir :
Certe cette proposition est sublime , elle est interessante aussi , mais c'est bien dommage ma vision la Transcende ; car a present , mon ambition est quant a cette Legion qui vous accompagne , d'en etre membre.

Le Prophete (l'avisa de ceci) :
Ce qui te fera compter parmi eux est une somme d'epreuves trop lourdes ; car , c'est a plusieurs reprises qu'une personne est arrivee au stade ou tu es actuellement et a qui je suis apparu exactement comme je le fait avec toi et qui n'eut d'autre ambition que d'en faire partie , mais l'epreuve qui est le gage de son admission une fois mise a sa charge , il finit par etre secouru , sinon il serait tombe dans la disgrace ; Mais un seul sujet mis sous le poids de l 'epreuve ,l' ayant porte jusqu'a etre promu a leur rang n'a pas encore existe...

...Donc si cela etait de mon gre , tu ne t'y engageras pas , car tu es epris d'un attachement envers moi qui n'est d'ailleurs pas une affection deguisee , alors que je ne pourrais te venir en aide dans l'epreuve , parce qu'en te favorisant de la sorte , on me fera la reproche et je n'accepterai pas le blame dans mon attitude envers quelqu'un .

Le Cheick [lui opposant l'objection]
Quant a moi , j'ai une totale ignorance de la nature de l'epreuve que tu mettras a ma charge , n'ayant point suscite mon ame aussi , je ne peux savoir ce qu'il est a meme ou non de supporter ; mais je peux certifier par serment que du poids de quelque souffrance que je recevrai , si mon ame le resiste , dans tous les cas ma force morale l'encaissera .

Le Prophete :
Cela est une chose conclue, je t'apprends que j'accepte ton voeu ; par consequent , il ne reste plus rien que de cette ville en l'occurence tu emigres sans delai , car tu es mis en confrontation avec tes ennemis contemporains et parallement , cette ville [Sainte] t'a ete mise sous une protection absolue de sorte qu'un malheur n'y s'abattra jamais sur toi jusqu'a la fin du monde . Donc , retire-toi de la ville.

Voila la raison qui , lorsqu'il rompit son jeune du mois de Ramadan , le conduisit a quitter la ville pour aller se fixer a
MBACKE BARY (Localite du Djoloff (Senegal) )

Je crois qu'il y est reste les mois Chawwal (10 ieme ) , Joul Qicdati (11 ieme) , Joul Hijjati (12 ieme mois de l'an 1312 ) , Mouharram (1 er mois de l'an 1313 ) et arriva le mois de Safar (2 ieme mois) dans lequel il fut arrete et deporte .

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  • la grande mosque de touba

    14/08/2007 20:02 par mbawor2

    • la grande mosque de touba

      la grande mosque de touba

      14/08/2007 20:02 par mbawor2

     son arrestation qui fut le 18 Safar , lorsque Serigne Ibra Faty ( Frere et disciple du CHEICK) partit a St Louis , il fut informe par le Gouverneur de ce qui suit :
    J'ai envoye un Detachement en vue de son arrestation, car il lui a ete adresse plusieurs convocations auxquelles il a refuse deliberement de repondre
    Serigne Ibra Faty :
    Pas un seul de ces messages qui lui etaient destines en convocation , ne lui est parvenu.
    Le Gouverneur :
    Toi certes, j'ai la conviction que tu es son envoye ; mais entre autre, crois-tu qu'en le convoquant il viendra ?
    Serigne Ibra Faty :
    Je n'ai aucun doute sur cela .
    Le Gouverneur :
    J'ordonnerai aux troupes chargees de son arrestation que partout ou mon telegramme leur parviendra, d'y camper jusqu'au lendemain dans l'apres-midi, ainsi s'il ne se rend pas, elles pourront aller le trouver jusqu'a sa demeure.
    Serigne Ibra Faty :
    Cela est bien possible .
    Il prit ensuite le train, descendit a louga, un viel homme du nom de Serigne Niame de la localite de Gujura mit son propre cheval a sa disposion en lui disant:
    c'est un etalon qui entretient un dressage de trois ans; sans vous parler d'epuisement, il a meme horreur de chanceler .
    Il enfourcha ce cheval, entama le parcours nocturne, chevauchant toute la nuit ; son auxiliaire, celui qui devait lui servir de guide, en l'occurrence Mame Abdou Lo, s'arreta a mi-chemin pretextant qu'il manquait de forme, se coucha et le recommanda a un certain peulh.
    Il effectua avec ce patre (Le Peulh) une petite distance de marche et ce dernier se deroba a lui furtivement dans la friche; abuse, il ne vit plus personne, ne fit plus rien que de laisser le cheval pointer librement de front sur l'itineraire.
    Cavalant aussi sans arret, jusqu'au moment de l'appel a la priere de l'aube et il arriva a destination .
    A son arrive, il trouva que le Cheick avait deja sorti tous ses effets, de sorte qu'il ne devait lui rester que de partir ; en venant prier a la mosquee , lui-meme le Cheick posait la question suivante:
    Et Thierno, il n'est pas encore de retour ?
    On lui repondit : Pas encore .
    Mais avant meme de prononcer le salam qui termine la priere , Thierno etait arrive .
    Apres l'avoir prononce, il le vit et lui dit:
    tu es revenu ?
    Oui . lui dit-il
    Le Cheick s'adressant a Thierno:
    J'ai donc fait toutes mes preparations .

    Il se dirigeait ensuite avec lui vers la concession -Thierno voulant lui faire le compte rendu de son voyage. -Fut-il au seuil de la porte qu'il [Le Cheick ] fit brusquement volte-face en s'exclamant: LA ILAHA ILLA L-LAH (Il N'Y A DE DIVINITE QU'ALLAH)!
    Moi j'ai failli rentrer dans la maison alors que mon Seigneur m'a informe qu'y retouner m'est formellement defendu, et moi j'allai le faire!
    Il se retourna alors , s'arreta au milieu de l'esplanade Thierno tentait toujours de lui parler, mais il lui dit:

    Ne m'attarde pas ! Il est inutile de m'apprendre quoi que ce soit . Thierno ! sache qu'hier soir , lorsque tu t'entretenais avec les blancs et les thiedos
    (111) a Louga debout avec eux sur une sorte de clairiere , une butte en clairiere, en ce moment precis, la colonie de fourmis qui te montait aux jambes, rassure-toi je les avais en face de moi ...

    Thierno! je ne vais nulle part, je suis simplement en mission! c'est strictement la garde de mes siens que je te confie ; pour ma part, tu veilleras sur eux partout ou tu auras la possibilite de l'assurer dans le pays [Senegal] jusqu'a ce que ALLAH me ramene.

    C'est a la suite de cela qu'il quitta ; il a aussi revele que c'est a en effet a Djewal ou il a rencontre le poleton de gendarmes (charge de son arrestation ) qu'ALLAH lui a accredite l'Armee Celeste des redoutables cavaliers de
    Bedr.
    Et c'est parcequ'il ne s'est plus separe d'elle que la machination contingente d'un fils d'Adam ne lui etait plus que banalite, nul ne pouvait lui tourner la face qu'envers ALLAH, il ne vivait plus dans la solitude car la compagnie permanente de ces Gens de Badr lui suffisait, alors que le desir de se compter un des leurs restait son objectif fondamental.

    Il fut alors deporte et a chaque fois que revenait la date de son depart d'exil , on l'eloignait davantage de son lieu d'internement vers une autre zone, les redoutables epreuves qu'il endurait, quelques odieuses qu'elles fussent, quand revenait ce jour, on lui infligeait d'autre persecutions qui faisaient oublier celles du passe .

    Il s'en est tenu a cela avec eux pendant sept annees, au terme desquelles notre Seigneur lui signifia:
    Ta mission est parachevee, tu t'es acquitte de ton contrat .

    Et encore qu'on lui fait vivre des situations durant lesquelles le Prophete lui a dit :Il n'y a aucune forme de secours que je puisse t'apporter sinon, tout ce qui est sur le point de se produire, que je te l'annonce et apres te l'avoir annonce dans l'imminence, m'en retirer .

    Il y a un gouffre dans lequel il a ete precipite, il est tel que lorsqu'il sombra au fond a-t-il lui meme raconte - la Legion des ANGES RAPPROCHES l'ont trouve la-dedans pour l'en delivrer .

    Avez vous l'ordre de mon Seigneur ? leur demanda t-il .
    Non . Repondirent les Anges .
    Je decline vos services . leur dit-il alors .

    L'assemblee des Anges Supreme (le Plerome) l'ont trouve egalement la-dedans pour l'en extraire et il leur demanda :
    Avez vous l'ordre de mon Seigneur ?
    Non . Repondirent-ils a sa question.
    Je regrette alors vos offres . leur dit-il.

    IL ne se passa qu'un certain individu, un etre humain, le prit d'un coup par les epaules et le mit a terre; et lui dit promptement:
    Va poursuivre ta mission !
    Lorsqu'il se retourna, ce fut la religieuse
    SOXNA BOUSSO sa mere .

    Il retourna poursuivre sa mission qui, lorsqu'elle fut parachevee- vous connaissez la Bonte D'ALLAH, sa Generosite en dons, Son Infinitude de Ressources- donc, ALLAH lui apprit que :
    "Ce qui avait motive ton depart est un acquis hors de propos ;mais aussi a compter d'aujourd'hui jusqu'a la fin du monde, chaque fois que ce jour reviendra dans le temps , sois rassure, je te gratifierai d'une recompense pour l'equivalent de la presente retribution qui fondait la raison de ton depart ..."


    dieuredieuf serigne touba

    14/08/2007 19:55 par mbawor2

    FIGURES DU MOURIDISMES

    LES KHALIFS DE CHEIKH AHMADOU BAMBA

    LES AUTRES FILS DE CHEIKH AHMADOU BAMBA

    MAME DIAARA BOUSSO VÉNÉRÉE MÈRE DE CHEIKH AHMADOU BAMBA

    MAME MOR ANTA SALLY

    PREMIERE GÉNÉRATION DE TALIBÉ

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    LES KHALIFS DE CHEIKH AHMADOU BAMBA

     

    Bien qu'étant tous des fils de Cheikh Ahmadou Bamba, chacun d'eux à troqué le lien de sang contre un lien d'allégeance se réclamant tous ses fervents disciples et ses serviteurs infatigables. Leur statut et leur mission seraient compris d'avantage en faisant un rappel sur le sens et le rôle du Khalifat en Islam. Seydouna Abou Bakr, Seydouna Oumar, Seydouna Ousmane, et Seydouna Alioune avaient comme tâche entre autre d'assurer la bonne gestion du patrimoine islamique, de veiller au respect stricte de la ligne de conduite islamique, de guider la communauté musulmane dans la bonne voie. Ce sont ces mêmes rôles qu'assurent les nobles khalifs au nom de Cheikh Ahmadou Bamba.

    Magistères suprêmes du mouridisme, ils sont les garants de l'héritage que nous a légué Cheikh Ahmadou Bamba, porte parole de Serigne TOUBA ils sont ainsi les guides de la communauté mais aussi les références mieux, l'incarnation des recommandations du Cheikh a tous les disciples : l'adoration de DIEU et le travail. Représantants de Cheikh Ahmadou Bamba, ils orientent les discilpes leur donnent les recommandations qu'ils doivent observer strictement en vu d'obtenir l'agrément de leur maître Cheikh Ahmadou Bamba ce qui n'est autre que celui du prophète donc celui de DIEU le TRES HAUT.

    L'actuel khalif et ses prédécesseurs ses vénérables aînés ont fait revivre chaleureusement aux mourides toutes les vertues attachées à la personne du Grand Cheikh et ils se sont aussi distingués par des actions qui réalisent le voeux de leur maître.

    Ils sont assurément dans le coran "La progéniture qui leur succéda dans l'héritage du message " S7V169

    SERIGNE MOUHAMADOU MOUSTAPHA MBACKE 1927-1945

    SERIGNE MOUHAMADOU FADILOU MBACKE (1945 - 1968)

    SERIGNE ABDOUL AHAD MBACKE (1968 - 1989)

    SERIGNE ABBOU KHADR MBACKE (1989 - 1990)

    SERIGNE SALIOU MBACKE (Depuis 1990)

     

     

     

    SERIGNE MOUHAMADOU MOUSTAPHA MBACKE 1927-1945

    Lorsque, de guerre lasse, au terme d'un exil pénible et inique en Afrique Centrale, le Pouvoir Colonial se résolut à ramener Cheikh Ahmadou BAMBA au Sénégal, il se trouva placé devant un constat d'échec quant à sa tentative de liquidation du Cheikh et de ses idées. Mais il ne désarma pas pour autant : le combat fut transposé sur le plan culturel. Sa nouvelle stratégie fut d'entreprendre d'effacer de la mémoire du peuple, jusqu'au souvenir de Cheikh Ahmadou BAMBA par le biais de la scolarisation d'enfants dont on allait planifier savamment le lavage du cerveau, le déracinement culturel et l'européanisation par l'assimilation aux mœurs occidentales. Selon les espérances du Pouvoir Colonial, le Mouridisme devait s'effondrer de lui-même dès la disparition de son fondateur, miné par les dissensions qui naîtront forcément, croit-il, des querelles successorales, mais aussi par les séductions de la vie matérielle qu'il offre.
    Tous ces espoirs devaient par la suite s'écrouler lamentablement car Cheikh Ahmadou BAMBA allait laisser une descendance de Vaillants Paladins de l'Islam qui se sont tous illustrés dans la défense et la propagation de l'œuvre du fondateur du Mouridisme.
    Le premier d'entre eux, Serigne Mouhamadou Moustapha MBACKE se distingue par un courage incommensurable, une intelligence hors du commun, d'immenses qualités de rassembleur, d'organisateur, de bâtisseur, toutes choses qui ont trouvé la pleine mesure de leur expression dans le contexte particulièrement dur de l'époque coloniale, dans l'une de ses périodes les plus tragiques : l'entre deux guerres.
    Ce preux Chevalier de l'Islam qui allait reprendre et porter haut le flambeau allumé par son illustre Père, a vu le jour en 1888 à Darou Salam, d'une mère elle-même issue d'une grande famille d'érudits, Sokhna Aminata LÔ. C'est d'ailleurs son oncle maternel, Serigne Ndame Abdou Rahmane LÔ, grand compagnon de son Père, qui allait se charger de son initiation au Coran, tandis que Mame Thierno Birahim MBACKE, frère cadet du Cheikh, allait assurer à son tour sa formation dans les questions théologiques. Par la suite, son père, le Cheikh en personne, se chargera de guider ses pas dans les arcanes de la formation mystique. Jamais étudiant ne fut aussi doué. Il excellera à un point tel que son père le désignera comme successeur avec pour mission, le raffermissement de la cohésion de la Communauté Mouride dans le but de la faire prospérer, mais surtout l'édification de la Grande Mosquée, pour la seule gloire de Dieu. Il n'est peut-être pas superflu de dire que les contemporains ont rapporté que son Père lui témoignait une réelle affection car on avait le sentiment qu'il savait qu'il avait bien investi sa confiance
    La première occasion que Serigne Mouhamadou Moustapha MBACKE eut de montrer qu'il était à la hauteur des espérances de son Père, ce fut en 1927, lorsque le Cheikh disparut. La rapidité et la pertinence de sa réaction, le sang froid, la discrétion et le courage avec lesquels il fit transférer l'illustre corps à Touba, dans le contexte très coercitif de la période coloniale forcent encore, de nos jours, l'admiration, quand on sait qu'il n'était pas facile à l'époque de braver le Pouvoir Blanc (il a donné une sépulture à son père sans informer l'Administration, en se passant surtout de son autorisation) et d'encourir les foudres de son courroux. Au mépris des risques patents, il a exécuté les dernières volontés de son père : lui assurer une sépulture en tout conforme à ses vœux, selon la procédure qu'il avait lui-même indiquée, surtout en s'assurant que son corps ne soit point souillé, ne serait - ce que par le simple regard d'un membre de l'administration coloniale.
    Une autre manifestation de sa pleine capacité à jouer le rôle que son père lui a dévolu a été la manière dont il a mis-fin aux velléités de dissidence de certains Grands Cheikhs après la disparition du Fondateur. Par son aura personnelle, et ses qualités de grand rassembleur, il a réussi à rallier autour de sa personne tous les dignitaires et les talibés. Pour assurer la cohésion et la force de la Communauté, il a, avec intelligence, choisi la voie du dialogue et de la concertation.
    - D'abord avec ses frères et sœurs : bien qu'il fût l'aîné et le légataire de Serigne TOUBA, donc le seul maître, autorisé à décider souverainement avec l'assurance d'obtenir l'obéissance stricte de ses cadets qui voyaient en lui leur vénéré Père, il a préféré, en toute chose, les consulter pour tenir compte, très étroitement, de leurs avis. D'ailleurs, il est de notoriété publique qu'il vénérait ses frères et sœurs qu'au demeurant il chérissait, car lui aussi voyait en chacun d'entre eux son illustre Père. Sur cette question de ses rapports avec ses cadets, le témoignage de Sokhna Maïmouna MBACKE la benjamine du Cheikh est particulièrement édifiant. En effet elle aimait souvent raconter que, toute jeune, encore du vivant de leur vénéré père, à un âge où elle n'avait pas encore une conscience claire de son lien de parenté avec Serigne Mouhamadou Moustapha, son attention avait été attirée par l'empressement de ce jeune homme à aller au devant de ses moindres désirs, à elle et aux autres enfant du Cheikh. Elle avait remarqué chez lui un zèle et un dévouement qui allait même, souvent, jusqu'à leur offrir son vêtement pour s'essuyer les mains après les repas. Elle avait fini alors par dire à ses frères : " Qu'il est bon, ce talibé de notre père ! "
    - Ensuite avec les Cheikhs et autres Dignitaires du Mouridisme : à l'exemple de son Père, il a témoigné une grande considération, un grand respect aux Cheikhs et à tous les Dignitaires. Il n'a jamais manqué de prendre leurs conseils chaque fois qu'il s'est agi des grandes questions intéressant le devenir de la Communauté. Il leur a conféré certaines prérogatives destinées à accroître et à fortifier cette Communauté. A l'instar de son Père, il a crée pour eux des Daaras, véritables pôles de développement où, en dehors de l'enseignement du Coran et de la liturgie, le travail productif est érigé au rang de véritable sacerdoce. C'est ainsi que, pour doter les Cheikhs, il eut à fonder de nombreux villages dont on peut, pour mémoire, citer quelques- uns des plus connus : Tindody, Taïf , Naïdé, Darou Naïm, Kaél, Bayla. Il est peut-être utile de rappeler que Taïf et Bayla ont la particularité que leur production était exclusivement consacrée au financement des grands chantiers que sont la Grande Mosquée et le rail Diourbel - Touba. A ce titre, ces daaras préfigurent le Khelcome de Serigne Saliou qui n'a pour objectif, en ce qui concerne les revenus qu'il génère, que le financement des travaux de Serigne Touba.
    - Enfin avec le reste de la Uma : toute sa vie durant, il s'est évertué à tisser des liens étroits de fraternité et de collaboration avec les autres chefs religieux, non seulement du Sénégal mais aussi des pays limitrophes comme la Mauritanie. Il est connu que Seydou Nourou TALL, représentant de la famille omarienne lui rendait souvent visite et qu'il eut à recevoir à Touba le Roi du TRARZA venu de sa Mauritanie natale pour rendre visite à son frère en Islam.
    Même avec l'Administration Coloniale, il a réussi à établir de bons rapports à un point tel, que le Gouverneur Général de L'A.O.F en personne a été son hôte à TOUBA, trois jours durant.
    La plus grande réussite à mettre à l'actif de Serigne Mouhamadou Moustapha est, sans conteste, la construction de la Grande Mosquée de TOUBA.
    C'était un projet tellement cher à Cheikh Ahmadou BAMBA qu'il en dira lui-même, bien avant sa construction,
    "L'Eternel m'a honoré pour l'éternité d'un édifice indestructible qui se dressera jusqu'au Paradis. "
    A l'endroit de ceux qui, de près ou de loin ont eu le bonheur de collaborer ou de participer à l'érection de l'ouvrage, le Cheikh a formulé les prières suivantes :
    " Absous les volontaires qui ont bâti l'édifice si élevé de ma demeure, la Cité Bénite de TOUBA, de leurs pêchés du passé et de l'avenir ; absous tous ceux qui avaient la charge de l'ordonnancement des travaux de l'édifice de leurs pêchés initiaux et finaux. "
    " Absous également tous ceux qui leur sont venus en aide dans cet édifice qui, par Ta Gloire s'est érigé - Ô! combien Majestueux - de leurs pêchés d'avant et d'après. "

    Il convient de rappeler que Cheikhoul Khadim n'avait assigné aux hommes la mission de construire la Mosquée que dans la noble intention de leur ouvrir les voies de la Rédemption. Cette Mosquée est un dessein de Dieu et le Cheikh, dans son exhortation aux talibés à s'impliquer dans sa construction, n'a pas manqué de prévenir : " Si vous l'entreprenez, Dieu en sera pour autant glorifié mais en cas de renonciation, Dieu enverrait des êtres pour s'en acquitter. "
    Le moment venu, Serigne Mouhamadou Moustapha entreprit de s'atteler à la réalisation du vœu de son Père. Alors, devant lui, se dressèrent nombres d'obstacles et d'embûches tous plus ardus les uns que les autres. Mais, courageusement, opiniâtrement, avec détermination, il a réussi à les abattre les uns après les autres.

     


    Lorsque, le vendredi 17 dhul - qi da 1530 H (4 Mars1932), il procédait à la pose de la première pierre de l'édifice en présence des Dignitaires du Mouridisme et d'une foule de Talibés enthousiastes, que d'obstacles il avait du abattre pour en arriver à ce jour et à ses fastes.
    Il a du batailler ferme pour obtenir l'immatriculation du terrain devant porter l'ouvrage et l'autorisation de construire.
    Ensuite l'Autorité Coloniale lui a imposé une condition qui, dans sa logique devait signifier le coup d'arrêt mettant définitivement fin au projet. Il ne s'agissait, ni plus ni moins, que de poser 50 km de chemin de fer, de Diourbel à Touba pour acheminer le matériel lourd nécessaire à l'entreprise. Dans les normes, seuls un gouvernement ou une société puissante pouvaient relever un pareil défi. C'était compter sans la détermination de Serigne Mouhamadou Moustapha : dans un délai de loin inférieur à celui imparti par le Pouvoir Colonial et avec les seules ressources (humaines et financières) de la Communauté Mouride, l'ouvrage fut réalisé.
    Enfin, il a eu à déjouer les manœuvres frauduleuses d'un certain Pierre TAIILERIE, Administrateur Colonial ayant revêtu le manteau d'entrepreneur pour se faire adjuger le contrat de construction de la Grande Mosquée. Très vite, il est apparu qu'on avait affaire avec un escroc qui croyait pouvoir s'enrichir sans risque en misant sur l'ignorance du droit de ses victimes et surtout sur la peur qu'elle devrait normalement avoir de traîner un blanc devant les juridictions, aussi bien coloniales que métropolitaines. Par sa détermination Serigne Mouhamadou Moustapha obtint la condamnation de TAIILERIE. Les travaux de la Grande Mosquée reprirent de plus belle et les Talibés continuèrent de rivaliser d'ardeur et de sacrifice pour la réussite de l'entreprise.
    Le Vendredi 7 Juin 1963, jour de l'inauguration de la Grande Mosquée par Serigne Fallou le digne successeur de Serigne Mouhamadou Moustapha, tous les cœurs, à l'unanimité, se sont souvenu, avec émotion, du premier Khalife de Khadimou Rassoul, disparu le 13 Juillet 1945, alors que l'édifice avait déjà pris forme : les fondations en étaient achevées et les murs avaient atteint la hauteur d'une terrasse. L'image d'un travailleur infatigable, d'un érudit possédant à la perfection les Sciences Coraniques et la langue arabe planait sur l'assistance.
    L'on gardait encore en mémoire la célébration du Premier Magal après Serigne Touba dès 1928 (dans le sillage du Fondateur qui l'organisait lui-même), point de départ d'une tradition solidement établie de nos jours et qui est devenu l'un des événements les plus importants du monde musulman.
    Où qu'on puisse poser le regard, aussi loin que porte la vue, tout évoque la puissante stature de Serigne Mouhamadou Moustapha : c'est lui qui a fait de TOUBA la métropole religieuse, la ville sainte, la capitale du Mouridisme qu'elle est devenue et qui lui doit son premier forage qu'il fit installer à NDAME. C'est lui qui a crée chez les Mourides ce goût prononcé du travail, cette détermination à vivre honnêtement du fruit de son labeur et cette volonté de vivre en parfaite conformité avec les enseignements du Cheikh. Ce n'est pas hasard si, sous son impulsion, le Baol est devenu le principal producteur d'arachide. Lui-même a eu à être décoré de la Médaille du Mérite Agricole.
    Malgré la Crise des années 1930 et les effets négatifs de la Seconde Guerre Mondiale sur l'économie en général, le terroir mouride est demeuré riche, prospère, irrémédiablement inscrit dans une logique de travail, de discipline et de ferveur religieuse, grâce à l'enseignement de Serigne Touba relayé par Serigne Mouhamadou Moustapha. On se souvient que c'est lui que le Cheikh avait désigné pour remettre à l'Administration Coloniale la somme de 500 000 francs dans le but d'aider à relever la monnaie française menacée d'effondrement. Quel bel exemple de sagesse, de dépassement et de générosité à l'endroit d'un système qui pourtant, à l'égal d'un ennemi déterminé, s'est toujours évertué à nuire ou à porter préjudice à la Communauté et à son Guide.
    L'on ne peut regarder le rail à Touba, l'on ne peut se recueillir dans la Sainte Mosquée, l'on ne peut traverser Darou Khoudosse le cœur de Touba sans évoquer cette grande figure de l'Islam Universel dont les jeunes générations ne connaissent à travers les photographies, qu'un visage empreint de bonté et de sérénité et tout baigné de la lumière de Serigne Touba à la tête enveloppé d'un turban, toutes choses qui corroborent les témoignages de ses contemporains le décrivant comme un travailleur infatigable, résolument détourné des mondanités, uniquement préoccupé des préceptes de l'Islam et entièrement dévoué à la mémoire de son Père. Il pilotait personnellement les travaux de la Grande Mosquée et n'hésitait pas, à l'occasion, à mettre la main à la pâte.
    C'est cet homme réputé pour son équité, son sens de l'humain et qui ne faisait pas de différence entre le puissant et le pauvre que les talibés évoquent encore aujourd'hui en le désignant affectueusement et nostalgiquement sous les surnoms de Amdy ou de Ndiagne pour faire allusion à son abondante chevelure.
    Nul doute que son œuvre est agréée et que son Père est satisfait de lui, tout autant que sa sainte descendance et ses vaillants frères qui, après lui, sur son exemple, ont porté haut le flambeau transmis par le FONDATEUR.

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    SERIGNE MOUHAMADOU FADILOU MBACKE (1945 - 1968)

    Un des signes distinctifs par lesquels on identifie le croyant véritable est la résignation devant les arrêts divins, si cruels puissent-ils paraître. Ainsi, lorsque le 13 juillet 1945, Serigne Mamadou Moustapha fut ravi à l'affection de la Communauté Mouride, ce fut avec une douleur, indicible certes mais avec une totale soumission à la volonté de Dieu que le pays tout entier vécut l'événement. Son frère cadet (de six mois), Serigne Mouhamadou Fadilou fut porté au Khalifat car la flamme allumée par Khadimou Rassoul ne saurait vaciller. Celui là, dont le souvenir est perpétué par ses nombreux homonymes connus sous les prénoms de Gallas, de Fallou ou de Fadel, allait marquer son temps..
    Tout en cet homme exceptionnel que nous appelons affectueusement et respectueusement Serigne Fallou ou El Hadji Fallou, porte les stigmates d'une sainteté incontestable.
    D'abord sa naissance qui eut lieu en 1888 à Darou Salam. En effet Serigne Fallou vit le jour exactement la vingt septième nuit du mois lunaire de Rajab. (ndeyi koor dans le calendrier local), C'est la date anniversaire du voyage nocturne du Prophète (en compagnie de l'Ange Gabriel) dont il ramena le rituel des cinq prières, si fondamental en Islam. Le Magal du Kazu Rajab qui marque son anniversaire est un événement très connu, où se pressent des centaines de milliers de talibés fervents.
    Ensuite la réaction du Cheikh quand il fut informé de cette naissance. Il aurait alors vivement exprimé sa gratitude à Dieu en concluant que si ce nouveau n'était pas apparu dans sa famille, il se serait mis à sa recherche pour aller le retrouver, où qu'il puisse être.
    Enfin le pèlerinage qu'il accomplit à La Mecque. Les circonstances de ce séjour en terre arabe furent telles qu'il eut beaucoup de peine à rentrer à TOUBA : les gens de La Mecque ne voulaient plus s'en séparer, ayant découvert en lui une érudition et une sainteté exceptionnelles.
    Déjà, tout enfant, Serigne Fallou avait commencé à se signaler comme un être d'exception.
    Sa mère Soxna Awa BOUSSO appartient à une famille d'érudits qui a donné plusieurs imams à TOUBA
    C'est avec une aisance surprenante que dès l'âge de huit ans, il se mit à l'apprentissage du Coran, sous la férule de. Serigne Ndame Abdourahmane LO au daara dénommé Aalimun Xabiir, à environ cinq kilomètres de Touba. Son oncle paternel Serigne Mame Mor Diarra lui servit de professeur dans l'étude de la Théologie. Sa formation dans les Sciences Religieuses fut complétée par le Cheikh lui-même, à son retour d'exil. Précisons qu'une bonne partie de cette formation eut lieu en Mauritanie, à Saout El Maa (Khomack), où le Cheikh avait été déporté et où le rejoignit Serigne Fallou en compagnie de Serigne Mamadou Moustapha et de Serigne Mor Rokhaya BOUSSO.
    Aujourd'hui encore la vaste érudition de Serigne Fallou en arabe est évoquée avec admiration, de même que ses talents de poète et de calligraphe hors pair. Il est crédité d'une quarantaine de copies du texte sacré, dont vingt huit ont été directement offertes au Cheikh sous forme de don pieux (adiya). D'ailleurs c'est avec la même émotion qu'on évoque encore sa grande maîtrise de ce texte à la lecture duquel il consacrait le plus clair de son temps. Cela n'est pas surprenant quand on sait qu'il a appris à maîtriser l'art du Tajwid auprès de Serigne Mame Mor Diarra, d'abord et de Serigne Mame Thierno Birahim MBACKE un autre frère de son père, ensuite.
    Un autre fait marquant de sa personnalité est son incommensurable dévotion, sa soumission inconditionnelle au Cheikh qu'il était loin de considérer comme un père mais plutôt comme son guide spirituel, son Maître. Pour comprendre cet attachement, cette soumission quasi indescriptible, rappelons un événement qui eut lieu à Khomack. Un matin, le Cheikh tint à son auditoire un discours qui peut se résumer ainsi : " Je ne suis ni le père, ni le frère, ni l'oncle d'aucun d'entre vous. Je suis une créature vouée au service exclusif de Dieu. Ceux d'entre vous qui auront choisi de m'accompagner sur ce chemin que j'ai réhabilité, ceux-là sont mes fils, neveux, frères et talibés. " Serigne Fallou et ses frères firent aussitôt acte d'allégeance et, les quatre ans que dura le séjour mauritanien, ils redoublèrent d'ardeur dans leur apprentissage religieux, selon les règles établies par le Cheikh. Cet événement fut la source d'un poème que Serigne Fallou dédia à son Maître et dans lequel on peut notamment lire :"Notre espoir est en Toi, Toi qui nous as ouvert les portes de la félicité. Je Te vends mon rang de fils pour acquérir la gloire d'être Ton talibé. Et quand Tu m'auras donné cette gloire, je Te demanderais de bien vouloir l'accepter comme don pieux. "
    Lorsque le Cheikh exprima sa volonté d'ériger la Grande Mosquée, Serigne Fallou s'engagea corps et âme dans l'entreprise : les vœux, même les plus anodins du Cheikh, sont pour lui des ordres péremptoires. Ainsi, en 1926, alors que le Cheikh mobilisait les forces de sa communauté pour la réalisation de son projet, Serigne Fallou eut le bonheur, après de longues recherches, de découvrir la carrière de NDOCK, susceptible de fournir les matériaux pour la construction de l'édifice. Les échantillons qu'il envoya à TOUBA rencontrèrent l'agrément du Maître qui, à cette occasion l'exhorta à considérer, au même titre que son frère aîné Serigne Mamadou Moustapha, la construction de la Mosquée comme une mission incompressible.
    Lorsqu'en 1927 le Cheikh disparut, Serigne Fallou, en bon talibé reporta sur son frère aîné devenu premier khalife, toute sa dévotion et son affection. Autant il était attentif au moindre désir du Maître, autant il se mit au Service de Serigne Mamadou Moustapha, dans lequel il retrouvait leur père, au demeurant.
    C'est d'ailleurs sur le " ndigal " de Serigne Mamadou Moustapha, qu'il accomplit son fameux pèlerinage à La Mecque. C'était pour concrétiser un projet de Cheikh Ahmadou Bamba. En effet, le Cheikh avait un jour exprimé sa volonté de se rendre aux Lieux Saints. Il avait même désigné les compagnons avec lesquels il souhaitait faire ce pèlerinage. Ces bienheureux étaient Mame Cheikh Anta, Serigne Mbacké Bousso, El Hadji Mayoro Fall et Serigne Moulaye Bou (un maure). Dieu en décida autrement et le Cheikh rejoignit le Paradis avant d'avoir eu le temps de mettre son projet à exécution. Alors, en 1928, Serigne Mamadou Moustapha chargea Serigne Fallou de concrétiser le vœu de leur père, et avec les mêmes compagnons qu'il avait prévus. Les péripéties de ce voyage furent tellement riches en événements, quasi miraculeux, que la communauté mouride n'est pas loin de croire que Serigne Fallou est en réalité une réincarnation de Serigne Touba.
    En 1945, Serigne Fallou, devenu second khalife, se plongea corps et âme dans la poursuite des travaux de la Grande Mosquée. Il eut l'insigne bonheur, le 7 Juin 1963, d'en procéder à l'inauguration et d'y diriger la première prière.
    Son khalifat est encore évoqué de nos jours comme une période particulièrement faste pour le pays. Tous les Sénégalais, toutes confessions et toutes ethnies confondues, le considèrent comme un vrai thaumaturge, un homme qui a reçu du Créateur le pouvoir de faire des miracles. Les vieux se rappellent que son avènement a coïncidé avec l'éradication de l'épidémie de peste qui a décimé le pays vers la fin de la Seconde Guerre Mondiale. La famine qui menaçait la population a alors pris fin et cela a marqué le début d'une ère de prospérité économique, de sécurité alimentaire et d'absence de calamité marquante.
    Les jeunes générations, qui n'ont pas le bonheur de l'avoir connu, recueillent des témoignages le décrivant comme un grand-père débonnaire, à la générosité absolument indescriptible, auprès duquel toutes les détresses ont trouvé solution.
    N'était-il pas le recours de tous les sénégalais, quelle que puisse être leur origine, contre les abus de l'Administration ?
    Pourquoi l'a-t-on surnommé "na am mu am, du am du am" ? Il était crédité du don de Dieu de voir se réaliser toutes les prières qu'il formulait, comme s'il donnait des ordres aux éléments. Les exemples sont nombreux pour attester de ce don. Combien de fois a-t-on fait état de paysans venus solliciter ses prières pour déclencher la pluie à un moment où une trop longue pause pluviométrique avait commencé à installer l'inquiétude dans leurs cœurs ? Ce qu'il s'en est suivi chaque fois est encore présent dans les esprits : une abondante pluie qui contraint les solliciteurs à regagner leur village au triple galop sous la bourrasque, alors que, quelques instants auparavant, rien ne laissait prévoir un tel déchaînement des éléments.
    Nombreux sont les gens qui vivent avec la conviction qu'il suffit d'invoquer Serigne Fallou en l'appelant par son sept fois, pour obtenir réalisation de ses vœux.
    En tout cas, le souvenir de son fils aîné, surnommé Serigne Modou Bousso Dieng est encore frais dans nos mémoires. Il a hérité de son père l'appellation "na am mu am, du am du am" : il a démontré à l'envi qu'il lui suffisait de formuler un vœu pour en voir la réalisation.
    Ne soyez donc pas surpris si l'on vous dit que Serigne Fallou avait le pouvoir de parler aux animaux. A ce propos, ses contemporains rapportent un fait surprenant certes, mais très édifiant. Des talibés sont venus un jour se plaindre auprès de lui d'un cheval rétif, par la faute duquel les travaux d'emblavure d'un champ qu'il leur avait confiés avaient été sérieusement retardés. En effet, l'animal s'était montré particulièrement récalcitrant à tirer le semoir auquel il avait été attelé. Le marabout le fit venir et, le prenant par la bride, lui adresse cette harangue : "N'as-tu pas honte ? Là où personne ne veut être en reste pour gagner les grâces de Serigne Touba, toi qui as l'opportunité de t'impliquer, tu refuses de donner ton concours ! Vraiment tu me fais de la peine ! Je te plains !" Les témoins abasourdis virent le cheval baisser la tête, rabattre ses oreilles et verser de chaudes larmes de repentir. Il fut désormais presque impossible de ramener à la maison à la fin d'une journée de travail : pris d'une ardeur inextinguible, il refusait s'arrêter de travailler quand, au coucher du soleil les talibés exténués ne pensaient qu'à regagner leurs chaumières.
    Ce guide charismatique a laissé le souvenir d'un homme convivial, doté d'un très grand sens de l'humain et particulièrement doué pour trouver le bon mot destiné à détendre l'atmosphère et à mettre à l'aise ses interlocuteurs. Combien de fois a-t-il sorti d'affaire des justiciables sur le point de connaître les affres de l'incarcération, non pas pour assurer l'impunité à des malfrats mais pour donner une seconde chance à des citoyens qui, pour avoir une fois trébuché, n'en sont pas, pour autant, devenus irrécupérables pour la société ?
    Sous son magistère, la ville de TOUBA a connu un développement très important. En effet il a fait procéder au lotissement et à l'électrification de la cité tout en améliorant les infrastructures existantes. Il a fait bitumer les routes et a installé un premier forage à Darou Manan pour l'approvisionnement en eau. La Grande Mosquée porte sa marque indélébile : elle lui doit les cinq majestueux minarets qui la signalent à des kilomètres à la ronde et dont la plus grande est dénommée Lamp Fall, en hommage à Cheikh Ibra FALL, le fondateur de la Confrérie des Baye Fall.
    Selon l'exemple de son Maître et de Serigne Mamadou Moustapha, le premier khalife, il a eu, lui aussi, à créer des villages - Daara très prospères dont nous retiendrons : Ndindy, Madinatou Salam, Alia Mbepp, Touba Bogo.
    Ces daara étaient le plus souvent supervisés par des anciens talibés de Serigne Touba.
    Il est à noter que les revenus générés par ces exploitations ont été utilisés à financer la construction de la Mosquée ou à soulager les talibés en difficulté ou encore à entretenir les nombreux Maures que le Cheikh a ramenés de son séjour à Khomack.
    Cet être d'exception nous a quittés en 1968 pour rejoindre, nous en sommes persuadés, les rangs des bienheureux Combattants de Bedr.
    D'où tirons-nous une telle conviction ? De la relation d'un événement, authentifiée par la crédibilité incontestable des témoins oculaires. En effet on raconte qu'un des vieux disciples du Cheikh avait pris la malencontreuse habitude de se prévaloir de son âge chaque fois qu'il s'adressait à Serigne Fallou. Il n'était pas rare, chaque fois qu'il évoquait un événement ancien, de l'entendre dire, avec une pointe d'ironie, au Khalife : "Evidemment, tu es trop jeune pour t'en souvenir… Au moment où cela se passait, tu n'étais pas encor né….Certes, tu es le Khalife, mais moi, je suis ton doyen par l'âge… "
    Ceux qui connaissent Serigne Fallou savent qu'il se déplaçait avec une légère claudication, dont personne au demeurant, ne connaît la cause.
    Un jour, alors que le vieux talibé, à son habitude dissertait sur son âge respectable par rapport à l'extrême jeunesse du Khalife, celui-ci, excédé,, rétorqua : "Où étais-tu, toi qui si âgé, lorsqu'à la Bataille de Bedr, je recevais cette blessure à la jambe ?" Et, joignant le geste à la parole devant une assistance médusée, il exhiba une cicatrice à sa jambe.
    Personne, pas même ceux qui l'ont vu naître, ne se souvient que Serigne Fallou ait jamais été blessé à la jambe, de toute sa vie.
    Que faut-il en conclure ?

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    SERIGNE ABDOUL AHAD MBACKE (1968 - 1989)

    Quand, en 1914, naquit à Diourbel Serigne Abdoul Ahad, celui qui allait devenir le troisième Khalife Général des Mourides, Cheikh Ahmadou BAMBA, prenant à témoin ses plus proches disciples déclara : " Priez pour lui afin qu'Allah lui accorde longue vie car, en lui, je place un espoir immense. " Nous ne sommes donc pas surpris que Baye Lahat comme l'a respectueusement surnommé la Communauté Mouride ait laissé dans le cœur des mourides, plus de dix ans après sa disparition, un renom, une popularité et un charisme que rien n'a entamés, à la mesure des espoirs de son illustre Père et Maître.
    Une opinion très répandue est que, si le Coran pouvait s'incarner sous une figure humaine, il aurait, à coup sûr, emprunté les traits de Serigne Abdoul Ahad. Autant le Coran est la VERITE suprême, autant Baye Lahat avait élevé au rang de sacerdoce la pratique de la vérité. L'imaginaire populaire a gardé de lui le souvenir d'un homme sobre dans sa gestuelle et dans sa vêture, très convivial dans sa courtoisie et sa serviabilité envers son prochain, mais opiniâtrement arc-bouté sur la Vérité. Il était connu que, personne, pût-il s'agir de la plus haute autorité qu'on puisse imaginer ou du parent le plus proche, ne saurait trouver grâce auprès de lui ou compréhension protectrice, s'il est dans le tort. D'ailleurs, n'est-ce pas lui qui, dans un sermon mémorable, a donné le ton en affirmant qu'un musulman doit se retrancher opiniâtrement dans la Vérité et, dans la circonstance, considérer comme de nulle différence le fait de vivre dans la chaude et agréable sécurité d'un environnement qui partage ses convictions et celui d'être en butte à l'amertume de l'hostilité des détracteurs. Ce qui est déterminant, c'est que la constance dans ce qui juste engendrera pour lui ce qu'il y a de meilleur. Si par sa constance dans le service de Dieu un croyant réussi à gagner l'agrément divin, nulle entreprise humaine, nulle coalition, fût-elle dotée des moyens les plus sophistiqués, ne saurait lui causer le moindre préjudice. Par contre rien ne peut préserver une créature de la sanction divine si elle a le malheur d'avoir contrevenu à La Loi. Pas même l'approbation humaine la plus unanime, encore moins les témoignages les plus élogieux de ses semblables.
    Cet homme, de l'étoffe rarissime dont les témoins Véridiques d'Allah sont faits, a assimilé le Coran et les Sciences religieuses collatérales, très tôt, sous la férule de son oncle Serigne Amsatou DIAKHATE, frère de sa sainte mère, la vertueuse Sokhna Mariama DIAKHATE qui aura aussi le bonheur d'être la mère de Serigne Souhaïbou MBACKE, cet autre preux chevalier de l'Islam. De l'œuvre de son vénéré Père, il a une connaissance si pointue, une considération si profonde, que sa vie est la parfaite illustration des enseignements qu'elle véhicule. Nous savons que Cheikh Ahmadou BAMBA enseigne à ses disciples le culte exclusif de l'Unique et une pratique fondée sur la Sunna. La connaissance approfondie des textes sacrés (Coran, Hadiths, Sciences religieuses, etc.) est évidemment un préalable incontournable, dans l'esprit du Cheikh qui, parallèlement, a élevé au rang de dogme sanctifiant, le travail honnête. Il est maintenant facile de comprendre pourquoi, pendant le long magistère de Serigne Fallou son prédécesseur (1945 à 1968), Serigne Abdoul Ahad ait, dans une discrétion, un effacement frisant parfois la recherche de l'anonymat, consacré sa vie travail en s'évertuant à ne vivre que du fruit honnête et licite de son travail. Son statut de fils du Maître l'autorise pourtant, s'il l'avait voulu, à vivre dans l'opulence, des offrandes (adiya) des disciples mourides. Il a préféré, en talibé parmi les talibés, exercer de ses mains, toute forme d'activités pour vivre de sa peine. D'ailleurs, n'a-t-il pas fait vœu, ainsi que tous ses frères et sœurs au demeurant, d'abdiquer de son rang de fils du Cheikh pour ne briguer que celui de talibé ?
    En talibé exemplaire, on l'a vu, agriculteur émérite, manier lui-même dans ses champs, les instruments aratoires, avec dextérité et maîtrise. Sa productivité fut telle que dans ses exploitations de Touba Bélel, de Bokk Barga, de Kadd Balooji, de Mbara Dieng, il a gagné les galons de premier agriculteur.
    Il a exercé le métier de commerçant, cependant sans jamais encaisser de ses clients plus qu'il ne lui est du.
    Il a même tâté du transport en commun.
    A l'évidence, une telle volonté de " mettre la main à la pâte " dénote chez lui, la volonté de s'assurer des revenus licites au point de vue de l'Islam.

    Cette période de " galère " a permis à Baye Lahat d'engranger une extraordinaire somme d'expérience de la vie, une connaissance approfondie de la nature humaine, toutes choses qui, fécondées par la sagesse insondable puisée du terroir wolof, lui seront d'un concours inestimable pour la gestion de la Communauté, quand vint son tour d'exercer le Khalifat.
    En effet, c'est un parfait inconnu du grand public qui accéda aux hautes fonctions de Grand Timonier de la communauté mouride quand, le 6 août 1968 Serigne Fallou rejoignit son Maître bien aimé au Paradis. La Communauté en particulier et le monde en général découvre un homme droit, honnête, ennemi irréductible du mensonge, de la duplicité et de l'hypocrisie. Sa rigueur inflexible le conduit très vite à mettre sur les rails un train de réformes de fond dont les résultats ne tardèrent pas à donner au Mouridisme un nouveau visage, tout de rectitude empreint.
    Dès son avènement, Serigne Abdoul Ahad donne le ton. Il a d'emblée déclaré qu'à ses contemporains, il servirait de témoin, ici-bas et dans l'au-delà, à condition qu'ils s'enracinent dans la vérité et le service de Cheikh Ahmadou BAMBA ; en conséquence, que ceux qui emprunteront les voies tortueuses des faux-semblants sachent qu'ils n'ont rien à voir avec lui, qui qu'ils puissent être.
    Ainsi, on a pu voir Baye Lahat mettre fin et de façon énergique aux sévices de ces " conférenciers publics " appelés " diwaan kat " Ces marchands d'illusion fondaient leur subsistance sur l'exploitation de la crédulité populaire. Par leur discours pernicieux, ils forçaient la générosité du talibé moyen en lui faisant miroiter l'accès facile au Paradis (même en tordant allégrement le cou aux principes de l'Islam), pourvu seulement qu'on fasse acte d'allégeance à Serigne Touba. A l'évidence Serigne Abdoul Ahad ne pouvait permettre que puisse prospérer une telle supercherie, au demeurant très préjudiciable à l'image du Mouridisme et de la Communauté elle-même.
    On comprend que tous ses discours soient l'occasion de réaffirmer au passage, haut et fort, l'authenticité du message de Serigne Touba qui n'est autre que l'orthodoxie musulmane dans le sillage de l'Elu (P.S.L.) L'on n'est point surpris de la récurrence dans ces discours des références à la Vérité telles que le Coran les énonce. Nous nous souvenons par exemple que, pour rétablir l'ordre à propos de l'utilisation qui était faite par certains de la Grande Mosquée, sa base argumentaire a été cette citation du Coran : " Wa xul jaacal haqu wa za haqal baatilu innal baatila kaana za huqan. " La vérité et le mensonge ne sauraient cohabiter.
    Par la parole persuasive et par l'exemple incitatif, Baya Lahat a explicité avec une rare réussite, la doctrine du travail rédempteur professé par son illustre père. Sans risque d'être démenti, nous pouvons affirmer que c'est son discours et son exemple qui ont insufflé aux disciples mourides cet esprit combatif avec lequel ils vont à la conquête du monde.
    En multipliant les daaras, il a contribué à accentuer l'orientation de la communauté vers l'étude, la recherche de la connaissance car c'est seulement à cette condition qu'on peut rendre à Dieu le culte qui lui est du. Et, dans son esprit, il l'a clairement dit dans un de ses sermons, la connaissance ne peut profiter qu'à ceux qui ont, " chevillé au corps ", l'amour de la vérité, pour la seule face de Dieu. Par exemple, le musulman, cinq fois par jour au moins, se tourne vers l'est pour les besoins des prières obligatoires. Cela présuppose qu'il reconnaît que Dieu est un et qu'il seul maître de la création, que Muhammad (P.S.L.) est le sceau des Prophètes et, qu'inéluctablement, le jour du jugement dernier arrivera. Cela est d'ailleurs la quintessence de la profession de foi que le musulman énonce au moins deux fois dans le " taya " au cours de chaque prière : " wa ash hadu ana lazi jaaca bihi Mouhamadan haqun wa anal janata haqun wa ana naara haqun wa ana siraata haqun wa ana saahata aatiyatun la rayba fihaa wa ana laaha yab ha su man fil xuboori " [J'atteste que le Message du Prophète Muhammad (P.S.L.) est véridique, que le Paradis est véridique, que l'enfer est véridique, que " Siraat " est véridique, que le Jugement dernier aura lieu sans nul doute. Fort de cette conviction, Serigne Abdoul Ahad, chaque fois qu'il en a l'occasion, invite les musulmans à se souvenir de cette profession de foi qui ne doit pas seulement rester au stade de formule proférée par la langue mais intégrée dans le vécu quotidien. Que nos actions, nos paroles, nos intentions, tout comme nos vœux pour notre prochain soient illuminés de la lumière de la Vérité pure car viendra un jour où tout le monde rendra compte.
    Une autre facette de la riche personnalité de Baya Lahat est, en parfait conformité avec les enseignements de Cheikh Ahmadou BAMBA, son parfait ancrage dans les valeurs du terroir, du moins dans ceux de leurs aspects qui ne heurtent pas l'Islam. Ainsi, sans exagérer, on peut souligner sa grande fierté à appartenir à l'espace culturel négro musulman. Le Coran a établi qu'en Islam, la seule hiérarchisation des hommes qui vaille se définit comme une fonction directe de la crainte révérencielle de Dieu, à l'exclusion de tout autre critère, surtout ceux tenant à la race, à la naissance, à la fortune ou au rang social. Ceux des hommes qui sont considérés comme étant les meilleurs sont ceux qui se signalent par la profondeur de leur respect des principes énoncés par Dieu. Dès lors Cheikh Abdoul Ahad, comme on l'appelle aussi en signe de respect pour sa grande érudition, nous enseigne que nul complexe d'infériorité ne doit nous habiter face à l'Arabe sous le prétexte que l'Islam a été révélé aux hommes dans sa terre et que sa liturgie s'exprime dans sa langue ; le blanc ne nous est pas supérieur et nous nous garderons bien de le singer d'autant plus que ses valeurs de civilisation, par bien de leurs aspects, sont incompatibles avec notre foi. Considérons donc, toujours selon Serigne Abdoul Ahad, que nous sommes des négro africains qui s'assument fièrement tels qu'il a plu à Dieu de les créer. Nous pratiquons sans complexe aucun l'Islam qui est un message universel qu'aucun peuple ne peut s'approprier exclusivement.
    Nous appréhendons maintenant le fondement culturel du comportement du mouride. Celui là revendique son islamité à part entière, mais une islamité exempte de toute forme d'inféodation à des schémas ou modèles pan arabes. Il est un musulman orthodoxe qui donc fonde sa pratique sur la Sunna de l'Elu (P.S.L.) qu'au demeurant Cheikh Ahmadou BAMBA a réhabilitée dans toute sa splendeur, dans toute son authenticité. Son habillement ne sera pas d'inspiration arabe ou autre, mais sera africain et surtout musulman. C'est à dire que cette vêture respectera à la lettre les canons édictés par l'Islam : ni étriquée, ni courte, ni transparente, ni taillé dans des tissus prohibés, comme par exemple la soie pour les hommes. Le vêtement remplira sa fonction, à savoir, couvrir le corps en assurant la décence et être suffisamment fonctionnel pour permettre de faire la prière de façon réglementaire et le travail sans être gêné aux entournures. Et voilà ainsi décrit le fameux " baye lahat ", que Baye Lahat a évidemment mis au point et qui est devenu sans conteste, le costume par excellence du mouride, en tout cas, un de ses signes distinctifs à côté du " makhtou ".
    Encore aujourd'hui, c'est avec une émotion indicible que nous évoquons la sympathique silhouette de Cheikh Abdoul Ahad, invariablement habillé d'un superbe " baye lahat " taillé dans du tissu basin, la tête emmitouflé dans un épais turban fait de la même étoffe et les yeux protégés par d'élégantes lunettes noires. Le portrait est complété par l'exemplaire du saint Coran qu'il tient toujours à sa main droite et par le chapelet enroulé au poignet de la même main.
    Cette vêture sobre, à la limite austère, est le meilleur signe de la répulsion du luxe et des mondanités d'un homme qui pourtant disposait des moyens les plus fantastiques pour mener une vie fastueuse. C'est un homme qui au cours de son magistère a eu à brasser des sommes colossales évaluées à des milliards de francs et qui avait le loisir de s'en servir à sa guise sans craindre aucune forme de contrôle, sans encourir une quelconque contestation. Pourtant, il n'a jamais confondu son avoir personnel et les contributions des talibés qu'il a entièrement et intégralement investis dans le " travail de Serigne Touba. "
    Bien qu'il ait été ravi à notre affection depuis juin 1989, les sermons qu'il nous a laissés et qui sont encore d'une brûlante actualité et d'une acuité indéniable, continuent d'être une source d'inspiration privilégiée pour les mourides. Ces sermons ont la particularité d'être structurés comme de véritables dissertations. Ils en ont la structure dialectique, la rigueur scientifique du raisonnement, la clarté de l'exposé et le pouvoir de persuasion. Leur base argumentaire est invariablement le Coran, les Hadiths, les Qaçaïds. Comme Serigne Abdoul Ahad maîtrise à merveille les subtilités de la langue wolof et que son génie est amplement nourri par la sève de la sagesse du terroir (Cayor et Baol) et le bon sens paysan, c'était un réel plaisir d'entendre parler ce monument de l'éloquence. Ce n'est donc pas surprenant que ces sermons aient été rassemblés, classés par centre d'intérêt, transcrits et traduits pour les besoins de leur édition sous forme de recueils, en vue de leur publication. On peut, à coup sûr, y trouver réponse à toute forme d'interrogation pour conduire sa vie de talibé. Parlez à un mouride et il y a de fortes chances que, pour étayer son argumentaire, il cite des extraits de sermon de Serigne Abdoul Ahad. L'on est frappé par la pertinence, l'à propos, la portée et la force de persuasion de ces succulents discours qui, rappelons-le, ont pour dénominateur commun l'expression sans aucune complaisance, dans la plus pure langue wolof, de toute la force, de toute la vérité du Coran.
    " Gnakk Caaxaan " est un autre surnom par lequel Serigne Abdoul Ahad a été, de façon fort éloquente, désigné pour signifier que tout en lui exècre les faux-fuyants, la simulation, la dissimulation, la duplicité. On rapporte que, ce surnom, il l'a apprécié très positivement, comme un hommage à son amour de la vérité, autrement dit, à son attachement indéfectible au legs de son Père et de ses illustres prédécesseurs au Khalifat.
    L'ardeur, l'opiniâtreté, et, surtout, le génie qu'il mettra à améliorer et à fructifier ce legs lui ont valu le prestigieux pseudonyme de BATISSEUR.
    D'une grosse bourgade rurale, il a fait en quelques années, une cité moderne en pleine expansion. Avec lui, Touba est devenu un vaste chantier en perpétuel devenir.
    - Pour les besoins de la fluidité de la circulation, surtout en période de Magal, l'axe qui relie Touba à Mbacké est transformé en une superbe autoroute, puissamment éclairée la nuit par une batterie de lampadaires très performants. Dans le même ordre d'idées, la ville est ceinturée par une rocade afin d'assurer un rapide dégagement des véhicules qui, autrement engorgeraient l'agglomération.
    - Les rues son tracées de façon rectiligne dans le cadre d'un lotissement scientifiquement mené. Certains de ces axes sont bitumés au grand bonheur des usager. Le lotissement a permis la viabilisation de près de 120 000 parcelles à usage d'habitation et qui ont été attribuées de façon absolument gratuite et sans discrimination aux demandeurs qui se sont manifestés. La seule conditionnalité exigée est de mettre en valeur le terrain reçu et de s'y installer effectivement.
    - Pour l'approvisionnement en eau, de nombreux forages sont réalisés et équipés, parallèlement à un important réseau d'adduction. Ainsi, la pression de la demande pendant les Magal et autres célébration, est considérablement allégée.
    - La Grande Mosquée est l'objet d'importants travaux d'extension. Pour un milliard et demi, la capacité d'accueil de l'édifice passe pratiquement du simple au double grâce à l'aménagement d'espaces bien aérés, confortables et propices au recueillement. Parallèlement, la sonorisation est améliorée de façon à permettre aux fidèles de suivre de très loin, la liturgie. Les aires d'ablution sont multipliées et rendues plus fonctionnelles.
    - De nouveaux cimetières dotés de toutes les infrastructures nécessaires à leur fonctionnalité sont installés à l'est de la cité, sur les bords de la route de Ndindy.
    - Aïnou Rahmati, le Puits de Miséricorde est modernisé. Une puissante pompe d'un débit de 30m3/heure est installée pour alimenter un château d'eau d'une capacité de 50 000 m3. Pour l'usage des pélerins, 28 robinets sont posés. Ce nombre n'est pas innocent : il symbolise la somme arithmétique des valeurs de chacun des caractères arabes qui servent à écrire TOUBA. Pour comprendre cet aspect de la question, sachez qu'en arabe chaque lettre de l'alphabet est associée à un nombre qui représente sa valeur, de telle sorte la somme des valeurs des lettres qui composent un mot a une valeur indicative quant à l'appréciation du poids mystique de la réalité décrite par ce mot. 28 est donc le chiffre de TOUBA et on le retrouve très souvent dans le traitement de beaucoup de question touchant à la vie de la cité.
    - Pour abriter les écrits du Cheikh et les trésors ines

    s saliou mbacke

    14/08/2007 19:37 par mbawor2

    • s saliou mbacke

      s saliou mbacke

      14/08/2007 19:37 par mbawor2



    Cheikh Salihou MBacké Ibn Cheikh Ahmadou Bamba
    actuel khalif de Touba


     

    Qu' ALLAH lui accorde santé et longévité dans son rôle de guide de la communauté mouride!

    Né en 1915 à Diourbel [Sénégal] (de Sokhna Fatou Diakhaté), Cheikh Saliou MBacké est intronisé Khalif de Touba le 13 mai 1990, à la suite du rappel à ALLAH de son ainé Cheikh Abdou Khadr.

    Humble et totalement désintéressé des choses de ce monde, Cheikh Saliou MBacké consacre essentiellement son action dans les institutions religieuses et les champs.

    Cherchant à tout prix à réaliser la cité radieuse décrite par Cheikh Ahmadou Bamba dans ses prières à ALLAH, Cheikh Saliou MBacké a mené à terme plusieurs grands chantiers parmi lesquels on peut noter:

    • l'achèvement de l'université de Touba avec une capacité d'acceuil de 5000 étudiants,
    • rénovation de la Mosquée de Touba et installation d'une sonorisation de 12 km de portée
    • un lotissement de 110.000 parcelles dont les deux tiers sont achevés (parcelles cédées gratuitemment à quiconque souhaite s'installer dans la cité)
    • un réseau d'assainissement de Touba sur un linéaire de 18 km
    • le projet agricole de Khelcom sur une superficie de 45.000 ha

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